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Interview du tome 1
Nous vous proposons l'interview qu'il a accordé à Shônen Collection.



Salut Reno, est-ce que tu peux te présenter aux lecteurs ?

Yooo !! Je m'appelle Renaud Lemaire, j'ai eu 26 ans en Octobre yéééééé !! Je suis montpelliérain.


Quand as-tu commencer à dessiner ?

Depuis toujours en fait... Je sais que j'ai vraiment décider de faire de la BD et de raconter mes histoires à l'âge de 7 ans.


Certains lecteurs nous écrivent en soutenant qu'un manga ne peut pas être dessiné par un auteur non-japonais, qu'en penses-tu ?

C'est une réaction normale. Pour ma part, je pense que ce n'est pas une question de nationalité ou d'origine, mais plus une question de qualité du travail. Le public attend une qualité égale si ce n'est supérieure à un japonais ; quand celle-ci sera présente, les lecteurs ne feront plus la différence.


Est-ce que pour toi, il est important que tes lecteurs te considèrent comme un mangaka au même titre qu'un auteur japonais ?

Oui c'est important pour moi, mais en même temps, c'est ce que je te disais plus haut, le jour ou le public me considérera comme un mangaka, c'est que j'aurai bien fait mon boulot. C'est donc ma motivation, mais me considérer aujourd'hui comme un mangaka, c'est un peu prématuré, l'avenir et le public nous le diront.


Comment en es-tu venu à dessiner du manga ?

Étrangement, je suis venu au manga assez tard, à l'âge de 16 ans. J'ai aimé la dynamique et surtout le graphisme qui, à l'époque, tranchait radicalement avec ce que je lisais...


Est-ce que tu te souviens du premier manga que tu as lu ?

Oui carrément, c'était le Dragon Ball 35 en jap que mon cousin lisait.Avant même de connaître l'histoire, le trait et les persos, et surtout le format, ce qui m'a attiré, c'était qu'il y avait plein de pages, plein de cases... c'était le bonheur !


Comment s'est passé ton premier contact avec Pika Edition ?

Mon premier contact s'est fait grâce à Shônen, tout simplement : le format et l'épaisseur du bouquin ont de suite attiré mon regard, la couv m'a accroché, il y avait Fuli Culi, j'ai feuilleté et j'ai trouvé le concept original en France et surtout similaire au système japonais. En tant que dessinateur, tout s'est enchaîné très vite, j'ai envoyé des dessins par mail avec une trame de mon projet, Pierre Valls m'a répondu et m'a donné rendez-vous pour établir un dialogue et parler plus précisément de Dreamland. Il m'a expliqué comment il voyait les choses, je lui ai donné mon point de vue, et de là, tout est allé très vite. Notre premier rendez-vous date de mai 2004, et voilà, le premier volume de Dreamland sort et on est en Janvier 2006.


Tu fais le scénario et les dessins de Dreamland. Peux-tu en quelques mots nous raconter la trame de ta série ?

Dreamland, c'est une dualité entre deux univers : d'un côté le monde des rêves, imaginaire, loufoque et tout ce que tu veux de taré, et d 'un autre côté, c'est notre monde, le monde réel, avec tout ce qui peut nous toucher dans la vie. On suit donc la vie du petit groupe de Terrence, le héros, dans ces deux univers.


Comment t'es venue cette idée de faire d'une peur réelle, une force dans un monde imaginaire ?

Baaah, j'y ai pas trop réfléchi en fait. Je suis parti sur le message simple, de faire de sa peur une force, tout simplement, ce qu'il suffit de faire face à ses peurs pour parfois se simplifier la vie.


Où puises-tu ton inspiration pour créer les mondes imaginaires de Dreamland ?

Alors en fait, c'est la partie la plus facile de mon travail : il suffit de regarder autour de nous, de déformer un minimum, d'écouter les gens, de mettre un peu de son vécu, et hop tu sors un royaume bien loufoque.


La plupart des mangaka travaillent avec des assistants et toi ?

Moi, on va dire que j'ai de la chance, mes amis et mon entourage sont des dessinateurs, donc quand j'ai un coup de speed, ils sont là pour moi. On marche comme un studio : parce que c'est moi qui suis en avant en ce moment ils m'aident, mais dans l'avenir, quand il auront leur projet, je serai là aussi, donc ce sont plus que des assistants.


Deux cents pages en moins d'un an, est-ce que ce n'est pas trop dur à réaliser ?

Oui et non, tout dépendra du rythme à soutenir pour les prochains volumes, pour ce volume, c'est gérable seul.


Combien de pages arrives-tu à faire en un mois ?

Cela varie, mais en moyenne c'est une trentaine de pages.


Quelle est la principale difficulté que tu rencontres dans la création de ta série ?

Le logo, c'est vraiment la galère ! Sinon, c'est le recul sur mon travail, mais ça, c'est le problème de tous les dessinateurs je pense...


Dreamland est ta première série depuis plusieurs mois tu passes tout ton temps à dessiner, comment ressens-tu ce changement de vie ?

Heu... le changement ? On va dire qu'avant, je dessinais toute la journée, donc franchement aucun changement si ce n'est qu'un tout petit peu plus de sérieux.


Quelles sont tes principales influences en manga ?

Alors en fait, ça change selon l'humeur, mais on va dire que les éternels restent One Piece bien sûr, et les designs des jeux Capcom.


Dans certaines de tes planches, on sent aussi une influence des comics américains, quelles sont tes auteurs préférés ?

Je ne lis pas énormément de comics, mais j'aime beaucoup le travail de Ramos, l'auteur de Crimson, et de certains Spider-man. Mais là encore, il y a un découpage et un style bien manga.


Est-ce que certains auteurs franco-belges t'ont aussi inspiré ?

Ah oui, si tu regardes les oreilles de mes persos, ce sont celles du petit spirou ; je dessinais franco-belge jusqu'à l'âge de 16 ans, j'ai donc gardé des bases.


Pour toi, quelles sont les principales différences entre la BD franco-belge et le manga ?

C'est avant tout une différence de format, ce qui engendre une différence de découpage. Si tu veux faire une case dans une page tu peux ; en narration, il faut séquencer en chapitre et donc adapter son récit. En plus, le rythme de parution du manga est 200 pages en 3 mois. Enfin, le noir et blanc et les trames remplacent la couleur.


L'action de Dreamland pourrait se situer dans n'importe quelle ville du monde, pourquoi avoir fait ce choix ?

En fait la ville de Dreamland, c'est Montpellier. Tout simplement parce que j'aime ma ville et c'est celle que je connais le mieux. Je peux donc exploiter à fond le côté réaliste de Dreamland.


Peux-tu nous expliquer comment tu travailles, depuis la création du scénario jusqu'à la réalisation d'une page ?

J'imagine une scène souvent en rapport avec l'humeur et les sentiments du moment, je la visualise, l'adapte avec mes persos, je story-board vite fait plusieurs possibilités de pages, je teste les angles de vue que je peux gérer ou non. Une fois le story-board calé, j'attaque le crayonné en A4, j'encre à la table lumineuse avec mes plumes chéries, je scanne et trame sur ordi, voilà !


Au moment de la parution du premier chapitre de Dreamland dans Shônen Collection (numéro 7 en 2005), ça t'a fait quel l'effet ?

Ben imagine ! A 7 ans tu t'es fixé un but, et à 25 ans, tu commences à l'atteindre. C'est que du bonheur, donc c'est la fête dans ma tête !


Est-ce que tu as déjà prévu le nombre de volumes total que comportera ta série ?

Non pas vraiment... Je sais que 10, ça fait juste, et je sais que c'est pas 60 non plus.


Quel est ton personnage préféré dans Dreamland ?

Ça dépend vraiment de l'humeur... On va dire que dans chacun de mes persos, il y a un peu de moi. Quand c'est l'été, l'attitude de Savane me plaît bien, sinon à dessiner, c'est Sacha, un perso qui viendra un peu plus tard.


Tes mangas préférés ?

Sans hésiter, en première position, One Piece. Sinon l'habitant de l'infini sublime, Dorohedoro une ambiance de fou, Fuli Culi, les deux volumes excellents et beaucoup d'autres.


A part le dessin, est-ce que tu as d'autres passions ?

Oui, les chouquettes (jolie fille en montpelliérain !) mais sinon comme tout le monde, le sport, le volley plus précisément, le vélo, la playa, et déconner à longueur de temps, les jeux vidéos aussi.


Est-ce que tu sais ce que tu aimerais faire dans 5 ans ?

Franchement, 5 ans c'es loin, mais c'est sûr, j'aimerais continuer à raconter mes histoires.


Ta couleur préférée ?

Orange, Pourquoi ?


Ton dessinateur préféré ?

Rien qu'un ? C'est dur, mais encore une fois c'est Eichiro Oda, l'auteur de One Piece, parce que son oeuvre est terrible mais aussi parce qu'il a l'air bien allumé lui aussi !


Quel est ton rêve ultime ?

Là, en ce moment, on va dire que je réalise mon rêve !


Tome 1